12 août 2008
Pinocchio arrêté à un check point israelien
"Pinocchio" et "Harry Potter" en langue arabe interdits en Israël
LE MONDE | 12.08.08
Je traduis le titre brandi par Harry Potter:
Harry Potter et la coupe de feu
JÉRUSALEM, CORRESPONDANCE
La liste des menaces qui pèsent sur l'Etat d'Israël s'est enrichie d'un nouvel article : il s'agit de la version arabe de Pinocchio, le célèbre conte pour enfant, créé à la fin du XIXe siècle par l'écrivain italien Carlo Collodi.
Au motif que ce livre a été imprimé dans un "pays ennemi", en l'occurrence le Liban, le ministère des finances israélien a interdit son importation.
Cette décision vise la maison d'édition Kol Bo Sefarim, basée à Haïfa et spécialisée dans la distribution de littérature en langue arabe.
Outre les mésaventures de la marionnette de Gepetto, les Palestiniens d'Israël ne pourront pas lire dans leur langue natale des ouvrages aussi subversifs que Harry Potter et L'Alchimiste de Paulo Coelho.
Archive : Israël autorise la construction de colonies en Cisjordanie
En guise de justification, le ministère des finances israélien cite une ordonnance émise en 1939, à l'époque du mandat britannique en Palestine, qui prohibe tout commerce avec des "pays ennemis".
Si ces livres avaient été imprimés en Egypte ou en Jordanie, les deux seuls pays arabes en paix avec l'Etat juif, leur vente aurait été possible.
Mais provenant du Liban, la bête noire de la diplomatie israélienne avec l'Iran et la Syrie, ils ne peuvent pas franchir les frontières d'Israël.
"C'est absurde, s'exclame Salah Abassi, le patron de la maison d'édition, interrogé par le quotidien Maariv. Israël fait déjà du commerce avec la Syrie. Des pommes du Golan sont envoyées à Damas à travers le point de passage de Kuneitra. Nous sommes au XXIe siècle. Il s'agit de belles lettres, pas de produits toxiques."
Visiblement, les douanes locales ne l'entendent pas de cette oreille.
Il y a deux ans, elles avaient saisi à la frontière avec la Jordanie un chargement de 4 000 livres commandés par M. Abassi.
Parce que les ouvrages avaient été imprimés au Liban et en Syrie, ils avaient été envoyés au pilon.
Cette nouvelle affaire émeut d'autant plus la presse israélienne que l'auteur du forfait avait été, dans le passé, à l'initiative d'une campagne de traduction en arabe de plusieurs succès de librairie israéliens qui avaient été exportés au Liban, en Arabie saoudite et à Bahreïn.
Toujours prompt à dénoncer le boycottage de ses artistes par ses voisins arabes, Israël est à son tour pris en flagrant délit de censure.
Il appartient désormais au ministre des finances, Roni Bar On, de lever cette sanction.
Pour permettre à Pinocchio, Harry et compagnie de ravir les jeunes arabes israéliens.
Article paru dans l'édition du 13.08.08.
Commentaire de " Bruxellois, non peut être ?"
Il me semblait un jour, il n y a guère longtemps d'ailleurs, avoir lu dans une carte blanche du quotidien " Le Soir " de Bruxelles, un témoignage de Madame Simone Susslind vantant l'enseignement israelien pour ses " immenses "qualités d'ouverture et de mixité entre enfants Palestiniens et Israeliens.
A telle enseigne que madame Susskind avait suggéré aux Flamands et Francophones de Belgique de s'inspirer du modèle d'ouverture de l'enseignement isarelien ainsi décrit, et d' appliquer ce modèle " unique au monde" chez nous en Belgique.
Lorsque les officiels israeliens reprochent aux arabes et aux Palestiniens en particulier, l'utilisation de méthodes d'enseignement appelant à détester les Juifs, c'est uniquement pour amuser la galerie car voilà que lorsque des ouvrages lus par tous les enfants du monde qui suggèrent le rêve et l'amour sont proposés aux enfants palestiniens, Israel attrappe un nez plus long que celui du fils virtuel de Geppetto.
Georgie-Ossétie : une contribution d'un spécialiste à verser au dossier: Echec aux USA
En Ossétie, le retour
de flamme du Kosovo
12/08/2008 | Mise à jour : 11:30 |

L'analyse de Renaud Girard, grand reporter au «Figaro».
Après vingt ans d'éclipse au profit de ce qu'on appelait naguère encore l'«hyperpuissance» américaine, voici le grand retour de l'ours russe sur la scène internationale.
Le ballet diplomatique occidental qui s'efforce actuellement de tempérer la violence de la réaction russe au coup de force de jeudi dernier du président géorgien Saakashvili contre l'Ossétie du Sud ne changera rien.
La Géorgie semble avoir définitivement perdu ses provinces rebelles d'Ossétie et d'Abkhazie, comme l'a clairement laissé entendre Vladimir Poutine.
Lorsque l'Union soviétique se désintégra en 1991, et que la Géorgie prit son indépendance, la petite région autonome d'Ossétie du Sud (72 000 habitants), qui souhaitait rester sous l'autorité de Moscou, se rebella immédiatement contre le nouveau pouvoir central de Tbilissi.
Sous le communisme, personne n'a jamais pris au sérieux le tracé des frontières administratives internes.
Le problème est que ce sont elles qui prévalurent lorsque les systèmes fédératifs communistes s'effondrèrent, en Union soviétique et en Yougoslavie, pratiquement en même temps.
Les Ossètes, qui parlent une langue proche du persan, ne se sont jamais sentis proches des Géorgiens, dont la langue est caucasienne.
En 1921, les Ossètes prirent le parti des bolcheviques contre celui des séparatistes géorgiens.
De nombreux villages ossètes furent brûlés par les forces géorgiennes indépendantistes, avant que l'armée Rouge ne prenne définitivement le dessus.
Dans sa politique de nationalités, Joseph Staline, bien que géorgien d'origine, fut toujours plus grand Russe que les Russes eux-mêmes.
En juillet 1992, le président russe Boris Eltsine conduisit une médiation entre Géorgiens et Ossètes, qui aboutit à un cessez-le-feu, avec déploiement en Ossétie du Sud d'une force russe de «maintien de la paix».
Le même scénario se produisit en Abkhazie deux ans plus tard.
Tout naturellement, les soldats russes prirent le parti des populations prorusses des deux régions autonomes rebelles.
La réalité est qu'à Tskhinvali le pouvoir géorgien indépendant ne s'est jamais exercé.
En tentant de recouvrer, par la force et par surprise, sa souveraineté sur l'Ossétie du Sud, certes reconnue par le droit international, le président géorgien a commis une très grave erreur d'appréciation.
Il a sous-estimé la détermination de Moscou et surestimé le soutien que les États-Unis seraient prêts à lui apporter.
Non seulement les Américains n'enverront pas le moindre soldat en Géorgie, mais ils ne resteront pas fâchés longtemps avec la Russie, tant ils ont besoin d'elle dans le dossier nucléaire iranien, priorité numéro un à Washington.
Naïvement, Saakashvili a cru qu'avoir le droit international de son côté suffisait pour pouvoir recourir à la force.
Le problème est que ses amis occidentaux viennent précisément de violer ce droit-là, en reconnaissant unilatéralement l'indépendance du Kosovo, alors que la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU (qui mit fin à la guerre en plaçant la province serbe sous le contrôle des troupes de l'Otan) réaffirmait sans ambiguïté la souveraineté de la Serbie sur ce territoire majoritairement albanophone.
Au début de cette année, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov avait prévenu solennellement à Bruxelles son homologue américain Condi Rice : la reconnaissance du Kosovo constituerait un précédent pour l'Abkhazie et l'Ossétie du sud.
Les Américains et leurs grands alliés européens ont eu tort de ne pas le prendre au sérieux, ainsi que d'ignorer l'avertissement très clair que leur lança l'Espagne, inquiète d'une telle violation du droit international.
Habilement, les Russes utilisent aujourd'hui la même rhétorique que celle utilisée par les Occidentaux au Kosovo en 1999, parlant d'une minorité ossète victime de «génocide» et d'«épuration ethnique».
Le droit international existant est sans doute imparfait.
Peut-être conviendrait-il de le modifier.
Mais tant qu'il existe, quiconque le viole s'expose fatalement, un jour ou l'autre, à un sévère retour de flamme.
Israel et la Georgie
Retombées probables de l'engagement militiare israelien en Georgie
Touristes israeliens rentrés de Georgie
C'est devenu un secret de polichinelle: Isarel est depuis sept ans, le plus grand fournisseur d'armes les plus sophistiquées à l'armée georgienne.
Les centaines de conseillers israeliens qui ont, des années durant , entraîné les forces géorgiennes à une guerre, non pas défensive mais d'agression contre l'Ossetie voisine et par extension contre la Russie, ont été également fournis par la défense israelienne le plus officiellement du monde.
En conséquence, et malgré les multiples et vaines tentatives d'escamoter cet engagement hostile aux intérêts et à la stabilité de la Russie, Israel n'a pas réussi à faire passer sous silence le soutien qu'il apporte à l'armée georgienne.
Au delà des objectifs stratégiques visés par les USA dans cette région, dont le non moins important de ces objectifs se trouve être l'affaiblissement de la puissance économique et stratégique de la Russie et le renforcement du rôle du pole américain unique, il s'avère de plus en plus évident que le lobby georgien installé en Isarel ainsi que ses courroies de transmission au sein des rouages politiques georgiens, cherche à prendre on ne sait quelle revanche historique sur la Russie en l'amputant de certaines parties des territoires se trouvant dans son giron.
Je cite Dov Pikulin, l’un des propriétaires de la société Authentico spécialisée dans les voyages et séjours dans cette région qui dit :
« l’israélien est le principal investisseur dans l’économie de la Georgie".
Ajoutant :
" Chacun est ici impliqué directement ou indirectement. »
Le ministre georgien de la "réintégration!!!" abonde dans le même sens en disant:
« Les israéliens devraient être fiers pour l’entraînement et l’éducation données aux soldats georgiens »
Yakobaschvili est juif et maîtrise couramment l’hébreu.
« Nous livrons maintenant un combat contre la grande Russie » a-t-il dit, «et notre espoir c’est de recevoir de l’aide de la Maison Blanche, parce que la Georgie ne peut survivre par elle-même. »
Ce qui démontre que les objectifs visés par le déclenchement de l'offensive georgienne avortée, ne concernent pas un problème de frontières avec l'Ossétie :
Et lorsqu'il déclare :
« C’est important que le monde entier comprenne que ce qui se passe en Georgie actuellement affectera tout l’ordre mondial.
Ce n’est pas seulement l’affaire de la Georgie, mais celle du monde entier. »
Ce genre de déclarations doit donner froid dans le dos tant les risques d'un embrasement international semble faire partie des objectifs inavoués de ceux qui en Georgie, ont déclenché ce conflit... et de leurs commanditaires ?
L’un des membres du parlement ne s’est pas contenté samedi d’appeler l’Amérique à l’aide mais il a également pressé Israël d’aider à arrêter l’offensive russe :
« nous avons besoin de l’aide de l’ONU et de nos amis, dirigés par les Etats Unis et Israël.
Aujourd’hui la Georgie est en danger – demain tous les pays démocratiques de la région et du monde entier le seront également. »
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
La riposte russe
La réaction russe face à l'attaque de grande envergure de la georgie contre le territoire Ossétien démontre que les dirigeants russes ont bien pris la mesure de la réelle menace qui pèse sur la stabilité de la Russie et sur son rôle dans la région.
Il n'est pas inutile de rappeler que face à une telle offensive massivement soutenue par l'Occident et Israel, la Russie réexaminera sa politique actuelle relative à son soutien à L'Iran.
Ce soutien qui, jusqu'à présent, a su ménager les susceptibilités de l'Occident en entérinant à chaque fois des sanctions onusiennes à l'encontre de l'Iran, risque plus que probablement de connaître une modification radicale à la lumière de l'hostilité et de l'implication israelienne déclarée dans le cadre de l'affrontement russo géorgien.
Et ce sera tout bénéfice pour l'Iran qui ne manquera pas de profiter de cette tension israelo russe pour tirer le plus grand profit en faveur de son attitude et surtout de sa recherche à se doter de l'arme nucléaire.
A moins qu'en s'engageant aussi clairement en faveur de la Georgie provoquant ainsi l'ire de la Russie, les Israeliens et les néocons US ne cherchent à précipiter l'affrontement tant annoncé et tant reporté entre eux et la république islamique d'Iran.
Ce sera peut être l'un des derniers travaux de George Walker Bush en faveur des puissants trusts de l'armement aux Etats Unis.





